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Nina Flabeau
Le 20 novembre 2018
Gérer les relations salariés / bénévoles dans son association

Gérer les relations salariés / bénévoles dans son association

Aujourd’hui, les bénévoles sont au coeur des associations. C’est le constat que dresse Tous Bénévoles : de plus en plus de personnes veulent s’engager pour une cause qui leur tient à coeur - tant mieux !

Comme nous l’avons vu dans notre infographie, la France compte 13 millions de bénévoles, soit 7 fois plus que le nombre de salariés dans le secteur associatif. L’interaction entre salariés et bénévoles au sein d’une association peut créer de grands projets, mais aussi apporter son lot de difficultés.

Votre association fait partie des 163 400 associations employeuses en France ? Vous avez également des bénévoles ? Nous vous expliquons dans cet article comment créer une harmonie dans la relation entre bénévoles et salariés dans votre association.

  1. Les caractéristiques du bénévole et du salarié
  2. 6 bonnes pratiques pour gérer la relation bénévoles / salariés dans son association
  3. Mauvaise gestion de la relation salariés/bénévoles : quels risques ?

C’est parti !

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Les caractéristiques du bénévole et du salarié d'association

Le bénévole d’association

Tout d’abord, l’erreur à éviter absolument est de considérer votre bénévole comme un salarié que vous n’avez pas à payer.

Le bénévole est une personne qui s’engage au sein de votre organisation.

Que ce soit pour des raisons sociales ou fiscales, il faut veiller à différencier le contrat bénévole du contrat de travail.

Alors comment faire ?

Dans la règle, le bénévole n’est soumis à aucune subordination juridique. Il n’a pas à recevoir d’ordres et ne peut pas être sanctionné par l’association. C’est pour cela que le bénévole a généralement des missions de court terme.

De plus, sa participation est volontaire, il peut donc mettre un terme à son engagement quand bon lui semble, sans procédure ni dédommagement.

Cependant, il a le devoir de respecter les statuts de l’association, ainsi que les normes de sécurité au sein de celle-ci.

Si votre association recrute, que votre bénévole souhaite la rejoindre et correspond au profil recherché, il est possible de requalifier son activité bénévole en activité salariale.

Le salarié d’une association employeuse

La salarié quant à lui souhaite délibérément travailler dans le secteur associatif plutôt que dans le secteur privé lucratif par exemple.

De ce fait, il est rémunéré mais accepte souvent un salaire plus faible.

D’après l’étude du cabinet de recrutement Taste RH, les salariés d’associations gagnent jusqu’à 56% de moins que ceux des entreprises.

C’est pourtant un choix que de plus en plus de personnes font.

La cause ? Le secteur associatif offre un environnement de travail épanouissant et permet de suivre ses valeurs et aspirations personnelles.

Aujourd’hui, plus d’un jeune diplômé sur cinq souhaite travailler dans le secteur associatif ou une ONG, c’est dire si les associations ont le vent en poupe !

Vous souhaitez en savoir plus ? Ipsos a dévoilé son étude sur les diplômés de Grandes Écoles souhaitant travailler dans le secteur de l'Économie Sociale et Solidaire.

Si le secteur associatif est "sexy" aux yeux des potentiels candidats, l’emploi salarié dans les associations reste relativement faible.

En effet, 85% des associations fonctionnent sans salarié. Et pour la moitié de celles qui franchissent le pas, elles se contentent d’un ou deux salarié(s).

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Lorsque c’est possible financièrement, l'avantage de recruter un salarié pour une association est évident. Contrairement à un bénévole, le salarié peut se pencher sur des tâches à long terme.

La relation entre salarié et bénévole au sein de l’association a alors tout intérêt à être harmonieuse, sous peine de risquer la fuite de l’un et l’autre.

Aujourd’hui, 29% des associations employeuses rencontrent des difficultés pour trouver ou conserver des salariés qualifiés. La première cause est la rémunération, mais elle n’est pas la seule…

Découvrons donc ensemble 6 bonnes pratiques pour gérer la relation entre vos bénévoles et salariés.

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6 bonnes pratiques pour gérer la relation bénévoles / salariés dans son association

Identifier les besoins pratiques et fonctionnels

Vous vous demandez sûrement à quel moment une association a besoin d’un salarié.

La question mérite en effet d’être posée.

Dans la plupart des cas, une association se lance et commence à fonctionner avec des bénévoles. Puis elle développe ses activités et prend de plus en plus d’ampleur.

Quand l’activité de l’association devient intense, il est indispensable de s’adapter aux changements. Les dirigeants associatifs doivent analyser le besoin et dégager le financement nécessaire pour embaucher une première personne.

Ne monopolisez pas le temps d’une unique personne bénévole, au risque de la décourager.

À ce propos, nous vous conseillons de ne jamais solliciter vos bénévoles plus d’une demi-journée par semaine. Vous risquez de les épuiser, notamment si vos bénévoles travaillent à temps plein pour une autre structure dans un cadre professionnel par exemple.

Définir les rôles entre bénévoles et salariés de l’association

Comme nous venons de le voir, le bénévole peut exprimer son intérêt ou rejet face aux propositions de missions qui lui sont adressées.

C’est bien là ce qui distingue le bénévole - celui qui "veut bien" - du salarié qui, selon les termes spécifiques du contrat de travail, est lié à son employeur.

En d’autres termes, le bénévole peut refuser ou accepter une mission, contrairement au salarié qui est rémunéré pour accomplir son travail.

Vous devez également définir des niveaux d’implication différents en fonction de vos bénévoles et salariés.

L’objectif est de dégager une vision claire des responsabilités de chacun.

En tant que responsable associatif, vous pouvez créer différents pôles (ex : communication, juridique, comptabilité, etc.). Cela vous aidera à répartir vos salariés et bénévoles sur les différentes tâches à effectuer.

Grâce à cette organisation, vos bénévoles et salariés sont valorisés dans leurs compétences, surtout s’ils travaillent sur une mission bien définie.

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Vous l’aurez compris, définir les missions de chacun est très important dans la relation salarié/ bénévole.

Si tout le monde est au courant des tâches des uns et des autres, les projets avancent plus rapidement et dans une bonne entente.

Pour vos salariés, il est indispensable de réaliser de véritables fiches de poste, afin de définir aux mieux les missions qui leurs sont confiées.

Profitez-en pour définir avec eux les objectifs de chacun : quand on sait ce que l’on doit atteindre, c’est plus facile de travailler efficacement !

Encadrer la collaboration bénévoles / salariés

Au-delà des spécificités vues ci-dessus, les bénévoles et salariés constituent un groupe de personnes impliquées dans la mise en oeuvre du projet associatif. Chacun peut - voire doit - avoir une mission ou une fonction précise.

Tentons pour cela de combattre quelques représentations délétères bien répandues.

Oui, un bénévole peut être qualifié et compétent !

Oui, un salarié peut être responsable et opérationnel !

Cela profite bien aux présidents qui encadrent le club de football sur le terrain chaque jour, sous la supervision d’un éducateur sportif salarié diplômé d’Etat par exemple.

Nous voyons donc que rémunération, qualification et compétence ne sont pas liées de façon systématique.

Nous avons désormais un collectif de personnes engagées - contractuellement pour les unes et symboliquement pour les autres - dans la mise en oeuvre d’un projet commun et partagé.

La prochaine étape consiste à s’interroger sur la façon d’amener vos bénévoles et salariés à collaborer de façon autant épanouissante et enrichissante qu’efficace et efficiente.

Responsabiliser les bénévoles de l’association

Vos bénévoles ont une place importante au sein de votre association.

Identifiez dès le début de leur engagement s’ils souhaitent avoir de fortes responsabilités ou non.

Une fois que vous connaissez leur volonté, n’hésitez pas à les solliciter en fonction de leur degré d’implication. Ils seront davantage concernés et heureux de se rendre utiles à leur manière.

Vous devez également, mettre certaines règles sur la table.

Vos bénévoles doivent connaître l’importance de leur mission. Si un bénévole doit quitter l’association pour une quelconque raison, un devoir de passation est requis. Ça vous évitera de perdre un temps précieux dans la formation du bénévole remplaçant.

Dans tous les cas, je ne peux que vous encourager à mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour fidéliser vos bénévoles.

Se donner les moyens de gérer cette relation salariés / bénévoles

Vous souhaitez optimiser la relation entre vos salariés et vos bénévoles mais vous ne savez pas par où commencer ?

Pas de panique !

N’hésitez pas à prendre le temps d’accompagner main dans la main vos bénévoles et vos salariés dans leurs débuts au sein de votre association. Que ce soit dans la présentation des missions ou des personnes de l’équipe, tout doit être passé au crible.

Le but ? La personne concernée est encadrée dès le début de ses missions. Cela évite les quiproquos.

Par la suite, votre bénévole ou votre salarié se sentira d’autant plus impliqué dans votre association s’il continue à se former continuellement.

Pour cela, vous n’êtes pas obligé de dépenser des milles et des cents. Les bénévoles peuvent former les salariés et les salariés peuvent former les bénévoles. D'ailleurs, quoi de mieux pour créer une relation de travail agréable ?

Bonne nouvelle, vous pouvez également être accompagné par le DLA (Dispositif Local d’Accompagnement) qui permet aux structures de l’Économie Sociale et Solidaire employeuses de bénéficier d’accompagnement dans leurs démarches.

Communiquer en interne

Nous vous le répétons sans cesse : il faut co-mmu-ni-quer !

Si nous vous parlons régulièrement de la communication de votre association avec le reste du monde, la communication interne est tout aussi importante.

Comme dit précédemment, les premiers échanges avec vos bénévoles et salariés sont primordiaux. Définir les envies et les contraintes des bénévoles est nécessaire pour commencer sur le bon pied.

Ensuite, il est important de réaliser des points réguliers avec l’ensemble de l’équipe. Sous-estimer l’importance de ces moments serait une erreur.

Discuter, partager des moments de convivialité, parler des difficultés de certains ou remotiver les troupes fait partie intégrante de la vie de l’équipe associative.

Évidemment, ces points sont à prévoir en fonction de la taille de votre association. Si vous avez plus de 10 000 bénévoles, il sera compliqué de les réunir tous les mois.

Il est cependant possible de faire des points avec les différentes délégations, qui fonctionnent comme des petites associations.

Rappelez-vous : vos bénévoles et salariés font partie de la même structure démocratique. De ce fait, c’est un droit de pouvoir s’exprimer et donner son avis.

Ceci a souvent pour heureuse conséquence le partage de compétences et connaissances, qui permet à chacun de se former en permanence et apporter à votre association une atmosphère bienveillante.

En bref : que du bonus !

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Mauvaise gestion de la relation salariés / bénévoles : quels risques ?

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Ne pas différencier les missions entre bénévoles / salariés

Si la relation bénévoles / salariés est mal gérée de la part du responsable associatif, le bénévole peut très vite être perçu comme le "tueur d’emploi".

C’est une image un peu violente, je vous l’accorde, mais dans certains cas, la frontière salarié / bénévole peut devenir floue.

Prenons l’exemple d’associations qui réalisent du service à la personne. Entre un salarié qui travaille auprès des personnes âgées et un bénévole qui s’occupe de personnes âgées, la différence est mince.

Il y a une vingtaine d’année, les bénévoles étaient davantage sur le terrain et les salariés étaient plus compétents sur les tâches administratives.

Aujourd’hui, il arrive souvent que la tendance s'inverse : il y a de plus en plus de bénévolat de compétences. Les associations ont besoin d’aide en communication, web et bien d’autres. Ce sont des métiers où souvent, l’association n’est pas forcément experte.

Ainsi, un bénévole peut tout à fait aider une association à gérer son site internet en aidant le salarié qui n’a pas cette compétence.

Cela fait gagner du temps au salarié qui n’a pas besoin de s’auto-former sur cette tâche et le bénévole s'implique dans l'association et cela valorise ses compétences.

C’est gagnant-gagnant et la mission du bénévole n’impacte pas les tâches du salarié.

Le salarié prend le pouvoir sur l’association

Dans certains cas, le salarié peut se sentir supérieur aux bénévoles et vouloir tout contrôler.

Ça peut être le cas si le salarié est également le délégué général de l’association. Des problèmes de cohabitation risquent de se produire si vous ne posez pas les bonnes bases.

En effet, c’est lui qui va gérer l’équipe, après sa délégation par le conseil d'administration. Il peut donc prendre le pouvoir et exclure les dirigeants de l’association.

Nous vous conseillons vivement d’éviter cette situation, qui n’est pas démocratique.

Quand cette relation de pouvoir existe entre salarié et bénévoles, ces derniers sont généralement mal considérés. Les salariés se servent d’eux quand ils en ont besoin mais ils ne font pas partie de la vie de l’association.

C’est là tout l’enjeu des rencontres régulières avec l’ensemble de l’équipe... et de savoir mettre les choses à plat pour repartir du bon pied !

Le bénévole prend le pouvoir

À l’inverse, le bénévole peut également vouloir tout contrôler. Comme pour le salarié, mieux vaut éviter cette situation.

C’est souvent le cas pour les bénévoles qui ne sont plus dans la vie active et qui ont beaucoup de temps à dédier à votre association. Ils peuvent se sentir indispensable à l’équipe et considérer l’association comme leur propriété.

Le fait de bien différencier les tâches entre celles des bénévoles et celles des salariés vous évite de rentrer dans cette situation peu enviable.

Rassurez-vous, ce cas reste généralement rare.

Si nous pouvons vous donner un dernier conseil : n’imaginez pas une guerre entre vos salariés et vos bénévoles. Ils collaborent ensemble et ont des responsabilités bien distinctes.

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De plus en plus de personnes souhaitent s’engager envers une association, notamment les jeunes et les actifs qui souhaitent donner un peu de leur temps.

Ce nouveau type de bénévolat va atténuer le problème de répartition du pouvoir entre bénévoles et salariés.

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En tant que responsable associatif, veillez à assurer l’adéquation entre les besoins de l’association, les qualités humaines de vos bénévoles et vos salariés, les compétences, le temps disponible et la volonté de chacun.

Bien sûr, nous comptons sur vous pour maintenir une situation démocratique où personne est au-dessus de personne.

Promis avec toutes ces bonnes pratiques, tout se passera comme sur des roulettes !

Un grand merci à Isabelle Persoz de Tous bénévoles et mon collègue Samson pour leurs précieuses contributions à cet article.

- - -

C’est l’heure de vous dévoiler la réponse de l’énigme de la semaine dernière : "Qu'est ce qui est plus grand que la Tour Eiffel, mais infiniment moins lourd ?", c’est son ombre !

Et maintenant, essayez de trouver la réponse à notre nouvelle énigme : "qu’est ce qui a deux aiguilles mais qui ne pique pas ?"

Répondez-nous en commentaires.

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